Le gouvernement envisage d'autoriser l'abattage de quatre loups de plus

Le ministère de l'Environnement a ouvert une consultation publique. Elle demande l'avis des Français sur la possibilité de prendre de nouveaux arrêtés pour autoriser l'abattage de quatre loups supplémentaires. Dans la région, les éleveurs y sont favorables.

Sur le site internet du ministère de l'Environnement, vous pouvez répondre depuis la fin du mois de janvier à une consultation publique. Jusqu'au 21 février, le gouvernement demande l'avis des Français sur la possibilité d'augmenter le plafond de loups tués pour passer de 36 à 40 d'ici juillet 2017.

Le loup est une espèce protégée, mais certains arrêtés permettent aux éleveurs, en cas d'attaque d'un loup, de protéger son troupeau et de tirer sur le loup ce qui peut amener à la mort de l'animal. Depuis le 1er juillet 2016 et jusqu'à présent 33 loups ont été tués en France et la limite imposée par le gouvernement est de 36 jusqu'à juillet 2017. Si ce nombre est atteint, les autorisations n'existent plus et les éleveurs ne peuvent plus du tout tirer sur le loup.

Selon la préfecture des Vosges, l'année dernière, il y a eu 102 attaques, 23 dans le massif vosgien, 79 dans la plaine. En tout, 294 moutons ont été tués par des loups. Plus de 90 % des bêtes tuées se trouvaient dans la plaine.

Dans la région Grand Est, il y a au moins trois loups. Un couple et peut-être des petits dans le massif vosgien, à cheval entre le Haut-Rhin et les Vosges. Selon Marie-Laure Schwoerer, de la cellule technique de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, ils ne sont pas responsables de beaucoup d'attaques, car ils se nourrissent « essentiellement de gibier ». À l'ouest de la plaine vosgienne, il y a également la présence d'un loup. Un seul individu qui, lui, en revanche provoque beaucoup de dégâts.

Les éleveurs demandent le droit de défendre leur troupeau

Selon Jean-Yves Poirot, président du syndicat des ovins dans les Vosges, il serait responsable, depuis son arrivée il y a deux ans, de la mort d'environ « 400 moutons, soit à peu près ce que représente deux élevages dans les Vosges ». Jean-Yves Poirot estime qu'il est « logique d'augmenter le plafond. Quand un loup pose problème, on doit pouvoir l'éliminer ». Le président du syndicat des ovins dans les Vosges estime « qu'il vaut mieux le prévoir et l'anticiper, avoir quelques loups à tirer quand il y a aura des gros soucis. Il faut absolument que les éleveurs puissent continuer à se défendre quand il y a des attaques. Sinon, on n’a plus rien jusqu'au mois de juin et on pourra juste regarder les bêtes mourir sans rien pouvoir faire d'autre. »

Les associations favorables à une protection accrue des troupeaux

Du côté des associations de défense du loup, l'augmentation du plafond est inadmissible. Jean-Claude Odille est animateur en Alsace et Lorraine de l'association Ferus, association de conservation du loup, de l'ours et du lynx, pour lui, il faut miser sur la protection des troupeaux. Il raconte « qu'avec d'autres associations, on est allé donner un coup de main aux éleveurs dans les Vosges pour rehausser les clôtures, pour essayer de protéger leur troupeau. Ce qui a été bénéfique, car à certains endroits, il n'y a pas eu d'attaques du tout ».

Jean-Claude Odille reconnait que la tâche est difficile surtout dans les Vosges, car « ce sont des troupeaux de 200 bêtes qui sont beaucoup plus difficiles à protéger, car elles sont parquées par îlots à différents endroits. » L'animateur de Ferus estime qu'il faudrait « des chiens, des patous, et des aides-bergers, cela permettrait d'avoir moins d'attaques ». Cependant, il ajoute que le risque zéro n'existe pas : « On ne peut pas assurer zéro dégât, mais en tout cas, avec une protection, il y en aura beaucoup beaucoup moins ».

Source : francebleu.fr

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