Recyclage en France : les chiffres qui parlent

Le recyclage progresse en France, mais le réflexe semble mieux ancré dans certains départements, d'après les chiffres de l'Ademe.

Le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas. Mais avant d'atteindre l'objectif du zéro déchet, le recyclage permet de limiter les dégâts pour l'environnement. Dans les deux catégories, les Vosges s'en tirent bien mieux que les autres départements, d'après les chiffres de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (Ademe).

Les Vosgiens recyclent plus que les Franciliens

Les Vosges ont recyclé 57,04% de leurs déchets en 2015. Il s'agit du meilleur taux parmi les départements français, largement au-delà de la moyenne nationale (35,04%). A l'inverse, les départements de l'Ile-de-France et du Sud-Est recyclent peu. La Seine-Saint-Denis obtient le pire score de la Métropole avec 12,46% de déchets recyclés en 2015. Paris fait à peine mieux. La part de déchets recyclés n'atteint que 13,70% dans la capitale, qui fait partie des 10 départements ayant le moins progressé en 10 ans.

Nous considérons ici la part des matériaux recyclables et des déchets verts et biodéchets dans le total des déchets ménagers collectés par les communes et EPCI, cette année-là, afin d'harmoniser ce calcul avec la méthode d'Eurostat qui prend en compte les déchets «recyclés et compostés» pour établir son taux de recyclage.

A titre d'exemple, voici la structure des déchets ménagers collectés par les communes et EPCI en 2015, dans les Vosges, en Seine-Saint-Denis et en moyenne en France. Les ordures ménagères résiduelles (OMR) non triées représentent près de trois quarts des poubelles en Seine-Saint-Denis, contre un tiers dans les Vosges.

les Vosgaes, le département qui recycle le plus

Répartition des dechets collectés en 2015

 

La Seine-Saint Denis, le déparement qui recycle le moins

Répartition des dechets collectés en 2015

 

En France, 35% des déchets sont recyclés

Répartition des dechets collectés en 2015

«La notion de performance de la gestion des déchets sur un territoire requiert l'analyse croisée d'une batterie d'indicateurs (organisationnels, historiques, économiques)», nuance Rafaëlle Desplats, experte à la Direction Économie Circulaire et Déchets de l'Ademe. «La connaissance des spécificités territoriales et du contexte local ne peut être occultée pour une analyse pertinente», ajoute-t-elle. Habitudes de consommation, fréquence des collectes, territoire plus ou moins dense, urbain ou rural, modèles de gestion, proximité d'infrastructures permettant la valorisation des déchets comme les quelque 250 centres de tri répartis en France... Autant de facteurs qui peuvent expliquer ces variations territoriales.

Au global, toutefois, bien que les efforts soient inégaux, tous les départements recyclent plus en 2015 qu'en 2005. A noter que les Vosgiens sont, là encore, ceux qui ont fait le plus de progrès en 10 ans, avec une augmentation de 39,86 points de pourcentage de la part des déchets recyclés ou compostés.

Top 10 du recyclage : les deépartements qui ont fait le plus d'efforts

 

Flop 10 du recyclage : les deépartements qui ont fait le moins d'efforts

Et la réduction des déchets?

Trier ses déchets, c'est bien. En produire moins, c'est encore mieux. «Le meilleur déchet est bien toujours celui qu'on ne produit pas!», renchérit Rafaëlle Desplats. On peut résumer ainsi l'inflexion des politiques publiques au niveau national comme au niveau européen… Là où la quasi-totalité des communes organisent déjà la collecte séparée des recyclables en France, 42 millions de Français sont également couverts par une politique de prévention des déchets. Le classement des départements s'en trouve chamboulé. Les départements de la façade atlantique basculent parmi les mauvais élèves, par exemple, si l'on considère le poids de déchets produits par habitant en 2015. La région PACA, elle, reste dans le rouge.
Les Vosgiens, décidément, confirment leur médaille d'or en la matière. Ils sont aussi ceux qui produisent le moins de déchets. Avec 276,79 kg produits par habitant en 2015, ils détiennent le record, alors que la moyenne française s'établit à 504,83 kg et la moyenne européenne à 475 kg selon Eurostat (2014). Autre record local: le volume total départemental a diminué de 43,84% par rapport à 2005, alors que le volume national ne baissait que de 2,06%. Les Vosges ne sont doublées que par l'Aude sur le podium des départements qui ont fait le plus d'efforts dans ce domaine entre 2005 et 2015.

Certains ont même produit plus de déchets par tête en 2015 que 10 ans plus tôt: la Lozère ferme la marche de cette catégorie, devant la Corse-du-Sud et l'Indre-et-Loire. Dans le cas corse, par exemple, l'afflux de touristes doit être pris en compte, qui alourdit considérablement la production globale et, mécaniquement, la production par habitant, sur fond de «crise des déchets».

Top 10 de la réductions des déchets

 

Flop 10 de la réduction des déchets

 

La France reste en retard en Europe

Globalement, la France produit moins et trie mieux ses déchets. Mais elle a encore du chemin à faire, par rapport à ses voisins européens. Championne dans cette catégorie, l'Allemagne recycle 64% de ses déchets, contre 56% en Autriche et 55% en Belgique, selon les chiffres d'Eurostat pour 2014. Avec 0% à 10% de recyclage des déchets seulement, le Montenegro, la Turquie, la Serbie et Bosnie-Herzégovine sont les mauvais élèves de ce classement. Ces pays sont à peine devancés par la Slovaquie (10%), Malte (11%) et la Roumanie (13%), bien loin des préconisations de l'Union européenne dont ces derniers font partie.

Selon les objectifs de la directive-cadre sur la gestion des déchets, 50% des déchets municipaux devraient être recyclés d'ici 2020. Les efforts de certains pays portent leurs fruits. La meilleure progression se trouve en République Tchèque qui partait de loin et est passée de 1% de déchets recyclés en 2001 à 34% en 2014, juste devant le Royaume-Uni passé de 12% à 44%. A l'inverse, certains pays recyclent de moins en moins. L'Autriche recyclait davantage en 2001 (64%), la Finlande stagne (33%) et la Norvège (hors UE) régresse de 44% à 42%. A un niveau bien plus modeste, Malte était au niveau du Portugal en 2001 (15%) mais les deux pays ont suivi des trajectoires opposées, le premier chutant à 11% tandis que Lisbonne atteint désormais 30%.

Source : lefigaro.fr

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