Trump contre l'accord de Paris et tout le reste du monde

Le locataire de la Maison-Blanche apparaît isolé alors que la plupart des pays signataires, mais aussi des dizaines de villes et d'Etats américains, veulent appliquer l'accord de Paris.

Après la «gifle» envoyée par Donald Trump aux 195 pays signataires de l'accord de Paris sur le climat, les principaux dirigeants de la planète ont montré vendredi qu'ils n'étaient pas prêts à tendre l'autre joue. Pour preuve : ce concert unanime de réactions hostiles à la décision de retrait du président américain. L'Inde, la Chine, l'Europe, le Brésil, le Canada, l'Australie ont tous promis de tenir les engagements pris lors de la COP21 en décembre 2015.

Paradoxalement, le «no» asséné à la face du monde par l'administration US pourrait relancer la lutte contre le réchauffement climatique.

La crainte d'un «effet domino»

Membre du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), Jean Jouzel craint que la décision de Donald Trump n'ait un «effet domino» et ne «pousse d'autres nations à être moins ambitieuses». «Les pays en voie de développement ont notamment signé l'accord de Paris car les Etats-Unis avaient promis de les aider financièrement à investir dans les énergies renouvelables, souligne le climatologue.

Si les USA refusent de payer, espérons que l'Inde ne baissera pas les bras.» Troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, l'Inde, dont le Premier ministre est reçu ce samedi par Emmanuel Macron, a affirmé vendredi qu'elle restait engagée par l'accord de Paris. «Ils ont même annoncé que 100 % des voitures vendues en Inde devront être électriques d'ici à 2030» souligne-t-on au cabinet de Nicolas Hulot.

L'espoir d'un électrochoc mondial positif

Résolument optimiste, l'avocat spécialiste de l'environnement Arnaud Gossement estime que la décision américaine va «produire l'effet inverse» recherché par Donald Trump : «Il voulait démontrer qu'il pouvait remettre en cause à lui seul l'un des accords les plus importants de ces dix dernières années mais il vient au contraire de réveiller l'accord de Paris.» Les Etats-Unis s'étant fait isoler sur la scène internationale, l'Union européenne et la Chine se sont aussitôt affichées comme les nouveaux leadeurs de la diplomatie climatique. Premier pollueur mondial, la Chine a promis d'appliquer l'accord signé à Paris. Rapidement, Nicolas Hulot souhaite se rendre aux Etats-Unis pour rencontrer notamment les entreprises et élus locaux qui «essayent de changer la donne de l'intérieur».

Une victoire en trompe-l'œil pour les climatosceptiques

De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont appelé vendredi à la résistance, promettant d'agir pour verdir l'économie locale. Fervent défenseur des énergies renouvelables, l'emblématique patron des voitures électriques Tesla, Elon Musk, a décidé de quitter les cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump.

«A la Maison blanche, certains conseillers du président souhaitaient qu'il se retire de la convention cadre sur le climat de l'ONU (qui compte 196 états membres) mais Trump n'a pas osé aller jusque-là, note Arnaud Gossement. Et à aucun moment dans son discours il n'a osé remettre en cause le réchauffement de la planète. Cela marque la défaite des climatosceptiques.»

Source : leparisien.fr

 

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