Un appareil innovant qui purifie l'air

Ce n’est pas de la magie, c’est de la chimie organique, un processus 100 % nature, par lequel des microalgues absorbent et digèrent l’air pollué, qui ressort purifié.

Elle est beaucoup plus trapue que ses lointaines cousines du patrimoine parisien. Elle n’en a d’ailleurs ni le chapeau pointu ni la marquise à écailles vertes, et encore moins les affiches de spectacles… En fait de Colonne Morris, celle qui trône depuis le mois de juillet sous une coque transparente, au bord du carrefour Alésia (XIVe) a une tout autre vocation : c’est un « puits de carbone », capable de transformer l’air pollué en air purifié et, en plus, de produire de l’énergie propre.

Ce n’est pas de la magie, c’est de la chimie organique, un processus 100 % nature, par lequel des microalgues absorbent et digèrent l’air pollué, qui ressort purifié. « Au sein du puits, les microalgues se multiplient en continu, et forment ainsi une biomasse qui est évacuée via le réseau d’assainissement jusqu’à la station d’épuration », décrit un représentant du groupe Suez, maître d’ouvrage de l’expérience pour la mairie de Paris. « Ensuite au sein de la station, cette biomasse peut être valorisée en biométhane, une énergie verte qui peut être utilisée, entre autres, pour alimenter le réseau de gaz de ville ».

Grâce à ces algues voraces de CO2, et à ce dispositif mis au point par la filiale Eau et Force de Suez et Fermentalg, une société de biotechnologie du sud-ouest, la place d’Alésia quotidiennement noyée dans les gaz d’échappements pourrait retrouver un peu d’air. La mairie de Paris veut se donner le temps du retour d’expérience, « avec un premier bilan en septembre », souligne Célia Blauel adjointe (EELV) à la maire de Paris en charge de l’environnement, du développement durable et de l’eau.

Pour les professionnels de Suez, l’essai mené initialement pour 6 mois marque déjà des points. « La capacité de captation de CO2 peut être équivalente à 100 arbres, soit une tonne de CO2 par an », estime un de ses représentants, qui souligne que « cette expérimentation permettra de connaître la capacité du procédé à capter les principaux polluants atmosphériques, tels que les microparticules ». A Alésia, carrefour de 6 grandes artères au sud de la capitale, il est servi. Suez prévoit de recouper les résultats de cette première en milieu urbain, avec le test mené depuis janvier en milieu industriel, au Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) de Colombes (Hauts-de-Seine).

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