Des industriels s’engagent à limiter la pollution au plastique dans les océanes

Des entreprises, aux côtés des gouvernements et des ONG, se sont engagées à agir pour endiguer la présence de plastique dans les océans, lors de la conférence internationale Our Ocean, à Malte, qui s’achève vendredi soir.

« Le plastique est déjà au menu… dans le poisson », a averti le prince Charles, en ouverture de la conférence internationale “Our Ocean” (notre océan), à Malte. Cette quatrième édition, organisée par l’Union européenne, a rassemblé jeudi et vendredi des élus, militants écologistes, scientifiques et entrepreneurs qui se sont engagés à consacrer 6 milliards d’euros à la protection des océans, notamment de la pollution au plastique. Au rythme actuel - 400 kilos y sont déversés chaque seconde - il pourrait y avoir plus de plastique dans l’océan que de poissons dès 2050.

Océans-industriels-limiter-pollution-plastique.1

Lutter contre la pollution marine ne peut se faire que si tous les acteurs s’y mettent, pas seulement les ONG et les États, mais aussi les consommateurs et les entreprises privées, ont répété les organisateurs pendant deux jours. Invités à Malte, des industriels se sont engagés à agir. En collaboration avec la fondation Ellen MacArthur, plusieurs multinationales ont notamment annoncé que 100 % de leurs emballages seraient recyclables d’ici à 2025 au plus tard?: Marks & Spencer, Unilever, Mars, PepsiCo et son concurrent The Coca-Cola Company (qui produit, d’après un rapport de Greenpeace, 100 milliards de bouteilles en plastique chaque année). Spécialisée dans l’économie circulaire - la fondation a également financé six projets visant à réduire les déchets, dont les sachets et les gobelets en plastique.

Océans-industriels-limiter-pollution-plastique.1

Aujourd’hui, seulement 6 % du plastique est recyclé

Encore faut-il que ces emballages soient recyclés?: aujourd’hui, seulement 6 % du plastique l’est effectivement. Le groupe allemand Werner & Mertz (produits de nettoyage), dont les emballages sont déjà 100 % recyclables, s’est engagé à produire 70 millions de bouteilles à partir de plastique recyclé. Le géant américain Procter & Gamble (Always, Pampers, Gillette…) a conçu une nouvelle bouteille pour son liquide vaisselle le plus vendu, Fairy, à partir de plastique récupéré dans l’océan. Elle sera disponible au Royaume-Uni dès 2018.

Océans-industriels-limiter-pollution-plastique

Les fabricants de plastique ont aussi mis de l’argent sur la table. L’autrichien Borealis AG - qui a réalisé un bénéfice net record de 1?107 milliards d’euros en 2016 - s’est engagé à financer à hauteur de 19 millions d’euros des projets liés au recyclage. Côté logistique, le groupe a aussi promis de faire attention à ses microbilles de plastique, composant de ses produits, qui, de par leur taille, se perdent régulièrement sans pouvoir être récupérées. Autre exemple, plus modeste, le chimiste américain Dow Chemical Company (4 404 milliards d’euros de bénéfices nets en 2016) financera des projets liés à la réduction de plastique dans les océans à hauteur de 128 000 euros.

Océans-industriels-limiter-pollution-plastique

Mais « la seule solution durable, c’est de réutiliser les produits en plastique au lieu de les mettre dans l’océan », a conclu Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission. L’Union européenne, qui s’est engagée à allouer 560 millions d’euros à la protection des océans - en plus des actions déjà engagées, va bannir dès la fin de l’année les gobelets en plastique de toutes les institutions.

Océans-industriels-limiter-pollution-plastique

0 Commentaires