Pollution à Lyon : quelle zone sera interdite à certains véhicules en 2019

À partir de 2019, Lyon mettra en place une zone à faibles émissions (ZFE). Concrètement, certains véhicules seront interdits dans un large périmètre. Quelles zones et villes seront concernées par ces interdictions ? Quel sera le calendrier de cette mesure ?

En matière de qualité de l’air, la France doit désormais faire face à des poursuites sur plusieurs fronts. Pendant que Bruxelles traduit le pays devant la justice européenne pour son manque d'action face à la pollution, en 2017, le Conseil d’État lui enjoignait de “prendre toutes les mesures nécessaires pour améliorer rapidement et efficacement la qualité de l’air sur le territoire français”.
Dans ce contexte, quinze collectivités et métropoles françaises étaient réunies à Paris au ministère de la Transition écologique et solidaire pour présenter les futures “zones à faibles émissions” (ZFE). Pour la ministre des Transports, Élisabeth Borne, “les actions que nous conduirons en faveur d’un air plus propre contribueront en matière de réduction de gaz à effet de serre”, une promesse lourde de sens ce 8 octobre, jour de la publication d’un nouveau rapport du Giec sur le réchauffement climatique (lire ici). La ministre a également rappelé “le droit de chacun à respirer un air qui ne soit pas nuisible à la santé”. Le président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld, a présenté la ZFE de Lyon ce 8 octobre, introduisant son discours par un point d'actualité : “Ce qui est intéressant, c’est le nouveau prix Nobel de l’économie (décerné à William Nordhaus et Paul Romer). Ils expliquent qu’on peut concilier croissance et développement durable.”

 

À partir du 1er janvier 2019, les véhicules utilitaires légers et les poids lourds à vignette Crit'air 4 ou 5, ou sans vignette, n’auront plus le droit de circuler dans une zone délimitée par le périphérique, englobant Lyon, Villeurbanne et une partie de Caluire, Bron et Vénissieux (voir carte ci-dessus). Pendant un an, la transition se fera de manière pédagogique avec affiches et signalétique. Les premières amendes n’arriveront qu’en 2020. Pour la métropole de Lyon, “les véhicules utilitaires légers et les poids-lourds les plus anciens sont responsables de 51 % des émissions routières de NO2 pour seulement 25 % des kilomètres parcourus sur le territoire métropolitain”. De même, ils rejettent 42 % des particules fines.
L’objectif affiché est de réduire de moitié le nombre de personnes surexposées au dioxyde d’azote, de 16 000 à 8 000. À partir de 2021, les véhicules utilitaires légers et les poids lourds à vignette Crit'Air 3 seront concernés à leur tour par cette interdiction de circuler dans la ZFE lyonnaise. Pour l’instant, ces décisions ne toucheront pas les véhicules des particuliers. Un débat autour de la question pourrait s’ouvrir en 2021, après les élections municipales, confiait David Kimelfeld en marge de la présentation. Durant cette dernière, le président de la métropole a également milité devant la ministre des Transports pour “plus de souplesse”. “Il faut qu’on puisse avoir plusieurs zones sur un territoire et être assez réactif en fonction des situations”, estime-t-il. Le cadre légal étant désormais posé, qui osera aborder la question aux municipales ? Si certains pensent que de telles mesures pourraient agir comme un repoussoir, l’inaction climatique pourrait devenir d’ici à 2020 un risque électoral non négligeable...

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