Pollution : des pesticides dans l'air du Lauragais au sud de Toulouse, dont un insecticide interdit

Atmo-Occitanie a participé à une campagne nationale de mesure de pesticides dans l'air ambiant. Avec huit points de mesure dans la région. Dans le Lauragais, on a relevé jusqu'à 14 produits phytosanitaires dans l'air dont l'un interdit en 2014-2015. Mais la présence de pesticides a diminué en 2016-2017.

C'est une première en France. Pour la première fois, l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) a organisé une grande campagne, financée par les ministères de l'Environnement et de la Santé, de surveillance des produits phytosanitaires dans l'air, à travers 50 sites de mesures dans tout l'Hexagone, dont cinq dans notre région. Quatre-vingt-une substances ont été analysées.

En Occitanie, les 5 points de mesure sont situés en Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne (à Toulouse au siège d'Atmo), dans l'Aude, les Pyrénées Orientales et l'Hérault. S'y ajoutent une campagne dans le Lot à l'initiative de l'agence régionale de santé du Lot et deux sites de mesure dans le Lauragais (Haute-Garonne) et à Nîmes dans le Gard grâce au conseil régional.

Les produits phytosanitaires dans l'air ambiant ne font l'objet d'aucune réglementation française ou européenne, et les impacts sanitaires sur la population sont peu connus.

"Accompagnement des agriculteurs dans la transition agricole"

"On ne veut effrayer ni stigmatiser personne mais produire des données permettant de mieux évaluer l'impact des phytosanitaires dans l'air", précise Thierry Suaud, président d'Atmo-Occitanie, l'association chargée du suivi de la qualité de l'air dans la région.

"On veut un diagnostic fiable partagé par tous les acteurs dans un but de protection des populations et d'accompagnement des agriculteurs dans la transition agricole", ajoute Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie en charge de la transition écologique. 

Les résultats globaux de l'étude seront connus en 2019. Mais les études réalisées depuis 2014 dans le Lauragais, à Bélesta, près de grandes cultures de céréales et oléagineux, ont révélé la présence de 14 substances quantifiées en 2014-2015, dont un insecticide, le lindane, interdit d'usage depuis 1998.

Mais on a décelé seulement 8 molécules différentes dans l'air du Lauragais en 2016-2017, et pas de lindane, avec une concentration cumulée de 38 ng/m3 inférieure de 70% à la concentration de pesticides dans la période précédente. On ne sait pas si cela est dû à une évolution des pratiques agricoles dans le secteur ou à des aléas météo.

L'Eldorado de l'air pur serait-il lotois ?

Observées sur une année, les mesures ont révélé un pic de pesticides dans l'air au printemps avec une prépondérance en volume des herbicides par rapport aux fongicides et insecticides. Le glyphosate, molécule lourde peu présente dans l'air, n'a pas été recherché.

Il serait bon de pérenniser ces études pour tirer des conclusions utiles sur la présence de pesticides dans l'air, selon les responsables. Pour l'Occitanie et ses 8 points de mesure, une campagne annuelle est estimée entre 200 000 et 240 000 € (hors investissement dans les appareils de mesure).

Une étude réalisée dans le Lot, sur le site du Grand Figeac, près de surfaces en pâture et fourragères, a révélé a contrario la présence de seulement trois substances quantifiées et d'une concentration cumulée vingt fois inférieure à celle de l'air du Lauragais en 2016-2017. L'eldorado de l'air pur serait-il lotois ?

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