La tortue punk d'Australie, star toujours menacée

Placée sur la liste des espèces menacées en avril, cette espèce est devenue virale grâce à son look. Mais rien n'a été fait pour empêcher son extinction, explique le « Guardian ».

Des yeux bleus perçants, deux petites cornes sous le menton qui lui donnent un air de dragon. Et cette crête verte fluo improbable, créée par des algues. La Toile s'était emballée en avril dernier devant la photo de la tortue de la Mary River en Australie, rebaptisée rapidement « tortue punk ». Pourtant, l'actualité autour de cette espèce ne prêtait pas à sourire alors que la Zoological Society of London venait de la placer sur la liste EDGE des reptiles menacés.

Dans la foulée, la mobilisation pour sa sauvegarde s'était emballée, avec des tee-shirts, un concert punk à Melbourne, ou un crowdfunding qui avait permis de rassembler un peu moins de 10 000 euros. Même les stars hollywoodiennes Rosario Dawson et Cate Blanchett (qui prête sa voix à l'animal) s'étaient engagées en faveur de sa protection, dans une vidéo sur YouTube. Sauf que, quelques mois plus tard, la tortue punk reste plus que jamais une espèce menacée, relate le Guardian.

« Aucun plan de rétablissement »

« En dépit de toute cette attention médiatique, le gouvernement australien n'a pris aucune mesure réelle pour changer quoi que ce soit, ce qui est vraiment dommage », regrette dans le journal britannique Rikki Gumbs de l'Imperial College London, qui a participé à l'élaboration de la liste EDGE.

Selon lui, il n'existe « aucun plan de rétablissement » pour l'espèce, alors que le gouvernement australien a planché sur un plan pour la protection de la rivière Mary, habitat naturel de la tortue punk détruit au fil des années. Un plan qui n'a toutefois pas encore été adopté. À en croire une organisation environnementale locale citée par le Guardian, il faudrait investir 40 000 dollars australiens par an, soit environ 25 000 euros, pour sauver la tortue punk, animal de compagnie très prisé en Australie dans les années 1970 et 1980.

Rikki Gumbs ne désespère pas que l'emballement médiatique autour de cette espèce porte ses fruits. « C'est le moins que ces incroyables reptiles méritent », selon lui. « Une fois que les gens ont compris à quel point ils sont incroyables et uniques, il n'est pas surprenant qu'ils soient attirés par eux. » Sauf que, pour l'instant, « les reptiles sont encore complètement négligés », selon lui. Et ce, qu'ils soient mignons ou non.

0 Commentaires