Dans les années 2000, les chercheurs n’avaient pas intégré l’influence de l’Antarctique dans leurs modèles mathématiques d’études du climat. Leurs hypothèses se basaient même sur une indépendance, sans démonstration, de ce continent, vis-à-vis du réchauffement climatique.

Nous savons aujourd’hui que ces hypothèses n’étaient pas bonnes, et que le continent glacé subit, comme le reste de la planète, les effets du réchauffement. En considérant que les vents, les courants océaniques et les marées mélangent les flux les uns avec les autres, il est en effet difficile de défendre que la pollution de Mexico stagne sur Mexico. En effet, imaginons cette pollution atmosphérique : quand il y a du vent, où va-t-elle ?

Quant aux glaciers, j’avais alerté en 2005 les chercheurs du laboratoire de glaciologie de Grenoble sur les fractures possibles des glaciers, dont le stockage suffisant entre les années 1950 – 1980, se retrouve en front de glacier (1990 – 2020/2080 pour les plus gros). C’est le cas du glacier des Bossons au Mont Blanc dont la période est de 43 ans (temps d’écoulement entre le moment où la neige tombée au sommet du Mont Blanc s’écoule, et le moment où elle alimente la langue terminale du glacier, 3000 m plus bas). Nous pouvons estimer aujourd’hui, que la masse de glace depuis 2500 m jusqu’à la langue frontale, peut être désolidarisée du glacier, car le cumul de glace au-delà de 2500 m, résulte des précipitations des années post 2000. Ces faibles précipitations diminuent la masse glaciaire, alors que la langue terminale est encore « un peu chargée » des précipitations des années 1980. C’est une possibilité, que les phénomènes enregistrés sur le glacier de Planpincieux l’année dernière, et sur le glacier de la Charpoua il y a deux ans (2018), résultent de ces changements de vitesse d’écoulement, majorés par les chaleurs extrêmes enregistrées au cours des quatre derniers étés. Ces deux glaciers sont moins dangereux que celui des Bossons, dont l’écroulement entrainerait l’ensevelissement de l’autoroute, et des maisons alentours plantées entre les communes des Houches et de Chamonix.

Concernant la calotte Arctique qui fond elle aussi de manière spectaculaire, il y a un paramètre dont personne ne parle : c’est le volume de glace perdu de la banquise, qui se transforme en eau. Nous savons que la banquise fond, et qu’elle est posée sur l’océan Arctique, comme si vous aviez un glaçon dans votre verre. Si le glaçon fond, le volume présent dans le verre varie très peu. Il diminue un peu, en fait.

Pour 1 m3 de glace, 90% de cette glace, noyée dans l’océan, libère 819 kg d’eau. Or, ce volume correspond à 900 kg d’eau s’il était occupé à l’origine par de l’eau liquide. Autrement dit, la fonte de la banquise Arctique contribue, pour l’instant, à baisser le niveau de la mer (sans tenir compte de la fonte de l’Antarctique et des glaciers terrestres). En tenant compte de la fonte de l’Antarctique et des glaciers terrestres, ce volume d’eau supplémentaire annihile en partie la perte de volume évoquée ci avant, dû à la fonte de la banquise. Nous pouvons donc en déduire aujourd’hui, que la problématique de l’élévation du niveau des mers est faussée, voire plutôt reportée, par la fonte de la banquise Arctique. Ceci étant, nous constatons que les périodes de tempêtes océaniques sont plus marquées en France que par le passé, avec les dégâts connus ces dernières années. Par conséquent, nous sommes en mesure de dire aujourd’hui que le phénomène d’emballement du réchauffement climatique, que j’évoque dans mon opus de 2016 et dont j’étais l’un des seul à défendre la théorie il y a 10 ans (cf « si le changement c’était hier, le bouleversement c’est maintenant »), est minimisé par cet équilibre précaire entre le renflouement des océans par la fonte des glaciers terrestres, et la perte de volume issu de la fonte de la banquise Arctique.

Pourtant, nous mesurons quand même une hausse du niveau des mers entre 1950 et aujourd’hui. L’iceberg A 68, détaché de la barrière de Larsen en 2017, qui dérive maintenant dans l’océan atlantique sud, va contribuer à élever le niveau des mers de 2 à 3 mm.

Aucun scientifique aujourd’hui n’a évoqué cette balance « fonte de la banquise » « fonte des glaciers terrestres ». Comme le phénomène d’emballement, lorsque cette balance océanique sera trop déséquilibrée, nous subirons en 1 an, ou en quelques années, ce qui est extrêmement rapide à l’échelle géologique, et trop rapide pour l’homme, une élévation spontanée du niveau des mers.  Cette élévation sera catastrophique et engendrera potentiellement un phénomène similaire à celui comté dans le film « le jour d’après ».

Nous noterons que dans mon opus, j’étais le seul à évoquer un delta de température possible en 2100 de +6 à +8°C. Cette fourchette a été approuvée l’année dernière par la communauté scientifique, qui évalue à +7°C le delta de température entre les premières mesures du début du 20ème siècle, et 2100, si nous continuons à ce train de vie là.

Il nous appartient à chacun d’améliorer nos gestes pour sauver notre planète. Car ce sont nos gestes de tous les jours, gestion de l’électricité, de nos déplacements, nos déchets, notre nourriture, nos consommations, qui provoqueront une diminution de la croissance, courant nécessaire pour inverser l’inflation polluante que nous connaissons depuis 200 ans.

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