Gros herbivore non ruminant, à l'allure porcine et au museau allongé, peuplant les forêts humides et marécageuses d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud (jusqu'au Paraguay) et d'Asie du Sud-Est. Classe : Mammifères ; ordre : Périssodactyles ; famille : Tapiridés.

Proches des chevaux et des rhinocéros (ongulés à doigts impairs marchant sur le médian), les tapirs sont représentés par quatre espèces : le tapir à chabraque (Tapirus indicus), encore appelé tapir indien ou tapir malais, qui vit uniquement en Asie (Birmanie, Malaisie et Sumatra) ; le tapir terrestre (Tapirus terrestris), le tapir laineux (Tapirus pinchaque), et le tapir de Baird (Tapirus bairdi) qui, eux, plus petits, vivent en Amérique. Ils possèdent tous un corps massif, un cou épais, une tête allongée terminée par un museau en forme de trompe mobile, de petites oreilles dressées, une queue réduite, des pattes robustes et courtes terminées par quatre sabots (le quatrième doigt, plus petit, est placé plus haut et est seulement fonctionnel sur certains sols) aux pattes antérieures et trois aux pattes postérieures. Leur pelage ras est brun chez les tapirs terrestres et de Baird, brun noirâtre et épais chez le tapir laineux, qui vit en altitude, et noir sur la tête, le cou, la croupe et les pattes avec le reste du corps blanc chez le tapir malais.

Ils mesurent de 2 à 2,5 mètres de longueur, de 75 centimètres à 1,20 mètre de hauteur au garrot et pèsent entre 250 et 300 kilogrammes. Leur espérance de vie est de l'ordre de trente ans.

Nocturnes, solitaires, ils se nourrissent de feuilles, bourgeons et racines qu'ils consomment en grande quantité. Ils flairent sans cesse le sol pour détecter un éventuel congénère ou éviter un prédateur tel que le jaguar en

Amérique ou le tigre en Asie. Tous les tapirs aiment l'eau et nagent bien.

Il n'y a pas de saison de reproduction définie. L'accouplement est précédé d'une parade bruyante. Après treize mois de gestation, naît un jeune qui, quelle que soit l'espèce, possède une livrée rayée et tachetée lui permettant de se fondre dans le paysage. Celle-ci disparaîtra vers l'âge de six ou huit mois lors de la fin de la lactation.
Comme tous les grands herbivores, les tapirs sont chassés soit pour leur chair, soit pour leur trophée. La déforestation diminue dangereusement leur habitat déjà fragile. Les quatre espèces sont très menacées, le tapir malais étant proche de l'extinction.

Brésil : un tapir sauvage naît pour la première fois en plus d'un siècle

C'est un moment historique qui vient de se dérouler dans la forêt atlantique brésilienne, dans la région de Rio de Janeiro. Pour la première fois en plus d'un siècle dans cette région du monde, un bébé tapir est né à l'état sauvage, relaie The Guardian. Le résultat d'un véritable travail de fourmi mené par des chercheurs qui ont réintroduit l'animal dans cette forêt.

C'est l'aboutissement d'un projet initié il y a huit ans. Un groupe de chercheurs travaille à la réintroduction du tapir à l'état sauvage dans la forêt atlantique. En 2017, quatre mâles et trois femelles, élevés en captivité ont été relâchés dans cet écosystème avec l'espoir qu'ils puissent se reproduire. Un premier bébé tapir serait né au mois de janvier dernier et un deuxième pourrait bientôt naître puisqu'une femelle semble être en gestation. « Toute l'équipe est contente. Nous savons désormais que le projet avance dans la bonne direction », explique Maron Galliez, professeur à l'université de Rio de Janeiro et responsable du projet. Les tapirs ont été considérés comme éteints dans cette région en 2014.

Une bonne nouvelle pour la forêt

Au-delà de la préservation d'une espèce qualifiée de « vulnérable », par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cette naissance est aussi une bonne nouvelle pour la forêt atlantique. Ce gigantesque espace naturel, qui se trouve sur le littoral du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay, a vu son territoire s'amenuiser au fil des années. Il ne couvrirait aujourd'hui plus qu'entre 7 et 15 % de sa surface originale, estimée à plus d'un million de kilomètres carrés.

Mais la situation pourrait s'inverser grâce aux tapirs. Ces animaux sont régulièrement décrits comme les « jardiniers de la forêt ». Selon une étude citée par The Guardian, ils affectionnent en effet les zones déjà dévastées et leurs déjections contiennent des graines qui peuvent accélérer la reforestation. Ils contribuent aussi à élaguer les arbres. D'autres programmes sont toutefois nécessaires pour appuyer ces premières avancées.

Si la forêt atlantique est sous la pression de l'agrobusiness ou de l'urbanisation, elle joue encore un rôle important dans la lutte contre le changement climatique. Par ailleurs, on y trouve aussi de très nombreuses espèces : capybaras, jaguars, tatous, toucans ou encore capucins.

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