L'Organisation internationale des migrations (OIM) définit les migrants environnementaux comme étant « les personnes ou groupes de personnes qui, essentiellement pour des raisons liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent. »

La migration environnementale peut prendre de nombreuses formes complexes : forcée et volontaire, temporaire et permanente, interne et internationale. Les personnes qui migrent pour des raisons environnementales ne tombent pas, de façon claire, dans une catégorie particulière prévue par le cadre juridique international existant. Les termes tels que « réfugié environnemental » ou « réfugié climatique » n’ont pas de fondement juridique en droit international des réfugiés. Il y a un consensus croissant parmi les organismes concernés, y compris le HCR, pour éviter leur utilisation.

Quels liens entre migrations et environnement ?

Les inquiétudes sur le climat suscitent aujourd’hui une nouvelle prise de conscience des liens entre environnement et migrations. Ces liens sont pourtant anciens : au cours de l’histoire, les populations se sont toujours adaptées à leur environnement et l’ont transformé, s’installant dans les zones les plus favorables, puis migrant au fur et à mesure des évolutions démographiques et environnementales. Ces mouvements peuvent être durables ou temporaires et dépasser ou non le cadre des frontières des pays.

La migration comme réponse à la transformation de l’environnement

Les migrations liées à l’environnement peuvent être provoquées par des événements violents et soudains, comme les tremblements de terre, typhons, etc. En 2013, les catastrophes naturelles ont ainsi fait presque trois fois plus de déplacés que les guerres : 22 millions de personnes, dont 19 millions en Asie, selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés, soutenu par les Nations unies. La grande majorité de ces déplacés, 85 %, vivent dans des pays en développement.

D’autres mouvements de population sont liés à des dégradations plus progressives : sécheresse, érosion des côtes, baisse de fertilité des terres, etc.

La distinction entre migration économique ou politique et migration écologique reste toutefois difficile à établir : sauf en cas de catastrophe naturelle, l’environnement est rarement l’unique raison du départ. La décision de migrer est souvent provoquée par une combinaison de plusieurs facteurs.

Signe de cette complexité, les termes de « migrants environnementaux » ou « réfugiés climatiques » n’ont pas encore une définition reconnue par l’ensemble de la communauté internationale.

La menace du réchauffement climatique

Depuis les années 1950, les évolutions démographiques, économiques ou politiques ont profondément transformé l’environnement (déforestation, pollution, etc.). Aujourd’hui, une grande partie des bouleversements environnementaux est attribuée au réchauffement de la planète, lié aux activités humaines qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs conséquences redoutées du changement climatique risquent d’obliger certaines populations à migrer, temporairement ou définitivement, vers un autre espace de vie :

  • l’intensification des catastrophes naturelles ;
  • la dégradation des conditions d’existence des populations (développement de maladies liées à la transformation des écosystèmes, aléas climatiques menaçant la sécurité alimentaire, diminution des ressources en eau) ;
  • l’élévation du niveau de la mer ;
  • l’accroissement de la compétition pour des ressources devenues plus rares.

Le changement climatique pourrait ainsi devenir l’une des principales causes de déplacement de populations dans les prochaines années, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Aucune région du monde n’est épargnée, mais certaines sont plus exposées, comme les zones côtières et les deltas très densément peuplés de l’Asie. Des pays comme le Bangladesh ou certains Etats insulaires sont particulièrement vulnérables.

La transformation de l’environnement comme conséquence des migrations

Les migrations elles-mêmes transforment l’environnement, à l’instar du déplacement des campagnes vers les villes par exemple. Même si elle est temporaire, la mobilité liée au tourisme, qui entraîne une pression démographique très intense dans des lieux très circonscrits, peut avoir parfois un impact aussi important que les autres migrations. Dans des pays où l’eau est rare, par exemple, la construction d’hôtels de luxe peut induire une compétition au détriment des populations locales.

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