Tout d’abord un petit focus sur les différents types d’additifs et autres éléments susceptibles de migrer (ou non) et ensuite je ferai un point par numéro de plastique selon le post que vous trouverez ici.

Les fabricants de matières plastiques peuvent être amenés à y ajouter des substances chimiques pour obtenir les propriétés visées. On y retrouve des antioxydants pour éviter que le plastique ne vieillisse prématurément, des plastifiants pour qu’ils soient moins durs, plus souples, des charges minérales peuvent également être ajoutées comme pigments, pour améliorer les propriétés mécaniques ou pour diminuer le coût du produit.

Il peut également y avoir des solvants comme dans le cas des peintures, des colles. Ces solvants s’évaporent au moment de la prise.

Les catalyseurs sont utilisés en très faible proportion au moment de la fabrication du plastique pour une polymérisation plus rapide. Quoi qu’il arrive, quand on ajoute un élément dans le plastique l’objectif est qu’il y RESTE pendant et dans les conditions de son utilisation.

J’ai lu sur plusieurs sites que tel ou tel plastique était cancérigène. Quand vous lisez ce genre de chose, fuyez.

Les plastiques ne sont pas cancérigènes. Certaines substances peuvent l’être, mais sous certaines conditions (concentration et fréquence d’exposition entre autres).

Petite précision concernant la migration des additifs : elle dépend de l’épaisseur du plastique, de la température, du temps et du fluide ou aliment en contact. En fait l’additif en surface du plastique migrera plus rapidement que celui qui se trouve au cœur de celui-ci.

Prenons l’exemple des plastifiants : ils sont ajoutés pour que le matériau soit plus souple. Si les plastifiants en surface migrent, cette surface sera moins souple que le reste du matériau,

Les molécules seront plus proches les unes des autres et les plastifiants qui se trouvent au-delà auront beaucoup de mal à passer, à diffuser vers l’aliment ou le fluide. Le passage vers la sortie sera beaucoup plus compliqué à retrouver et à emprunter pour ces molécules.

Concernant les accusations faites sur les plastiques utilisés comme emballage alimentaire voici ce qu’il en est :

1. Le PET (N°1) qui est accusé de 2 choses :

- Bisphenol A (BPPA) : une bonne fois pour toute, IL N’EN CONTIENT PAS !! voilà. Je pense qu’il n’y a rien d’autres à ajouter.<

- L’antimoine utilisé comme catalyseur. Certaines études ont mesuré des traces de ce catalyseur dans l’eau en bouteille. Elles sont réalisées en température et dans tous les cas les quantités sont bien en-deçà des limites fixées par l’UE.

Lorsqu'une étude est réalisée au-delà de 40°C il faut se poser la question de la représentativité parce qu’à cette température une partie des macromolécules est mobile et la vitesse de diffusion peut ne plus être proportionnelle à la température. La comparaison avec la température ambiante n’est plus pertinente.

Mais il est important que vous ayez cela en tête : nous sommes bien en-deçà des limites fixées par l’UE. Les études réalisées sur le sujet présentent des taux 100 fois inférieures à la limite de migration autorisée par l'UE. Donc No panic.

2. Les PE-HD (N°2), PE-LD (N°4) et PP (n°5) : RAS pour la famille des polyoléfines. Ils contiennent généralement des antioxydants. Ils sont considérés comme inertes vis à avis des contenus. Et je suis parfaitement d’accord avec ça, pour ce qui est de l’alimentaire en tout cas.

3. Le PVC (N°3): les plastifiants que l'on utilise dans le cas du PVC plastifié étaient en majorité des phtalates. Ils sont aujourd’hui substitués par d’autres substances. La migration de ces substances (phtalates inclus) est très lente, sauf si le matériau est porté en température.

Les fabricants ont modifié le type de substances utilisé dans le PVC plastifié depuis le bisphénol A. J’en ai testé à 80°C et même à cette température pendant 1 an, le matériau perd moins de 50% de ses plastifiants. Il en contient généralement 20-30% en poids.

Un an à 80°C c’est l’équivalent de 100 ans à 20°C. On est large vu l’utilisation que l’on a du matériau…

Il contiendrait également des stabilisants au plomb… c’était le cas il y a quelques années ça n’est plus le cas.

4. PS (N°6) : le polystyrène contiendrait… du styrène. Jusque là je suis d’accord puisqu'il est obtenu à partir de ce monomère. Je lis également que le styrène migre vers les aliments. La température et le temps jouent bien sûr un rôle très important. Mais le type d’aliment aussi

Vous le mettez au contact de l’eau il n’y a pas de migration par exemple. Ça commence à se mesurer dans d’autres solvants mais là pareil il faut monter en température. Vous allez me dire qu’on l’utilise sous forme de gobelet pour le café !!! Oui certes mais...

Avant de voir la migration de molécules de styrène il faut attendre plus de 300 heures à 60°C pour le polystyrène non expansé. Je pense que c’est parlant.

5. Polycarbonate (n°7) : on est ici dans un cas similaire au polystyrène, le BPA est un monomère du polycarbonate. Que l’on soit clair : le PC ne va pas se dégrader pendant l’utilisation de l’emballage pour générer du BPA. S’il y en a c’est forcément issu de la fabrication.

Les quantités sont donc très faibles, on est 4000 fois en dessous du seuil journalier. L’interdiction du PC pour la fabrication des biberons est un principe de précaution.

Alors du coup qu'en est-il des plastiques biosourcés ?? Ce sont avant tout des plastiques qui nécessitent aussi l’ajout d’additifs et de stabilisants (peut être même plus que la plupart des plastiques pétrosourcés). Ils ont donc les mêmes problématiques.

N'imaginez pas que le biosourcé est synonyme d'inertie.

Ne pensez pas non plus que les emballages sont utilisés sans étude au préalable. Les conditions pour qu’une source de plastique puisse être utilisée au contact des aliments sont très strictes.

Petit lien vers le Thread Twitter :  https://twitter.com/Kako_line/status/1130117081834360834

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