Les émissions de gaz à effet de serre chutent drastiquement avec les effets du confinement. Est-ce que le climat en bénéficie forcément sur le long terme ?

Définition simple du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est un phénomène global de transformation du climat caractérisé par une augmentation générale des températures moyennes (notamment liée aux activités humaines), et qui modifie durablement les équilibres météorologiques et les écosystèmes.

Lorsque l’on parle du réchauffement climatique aujourd’hui, il s’agit du phénomène d’augmentation des températures qui se produit sur Terre depuis 100 à 150 ans. Depuis le début de la Révolution Industrielle, les températures moyennes sur terre ont en effet augmenté plus ou moins régulièrement. En 2016, la température moyenne sur la planète terre était environ 1 à 1.5 degrés au-dessus des températures moyennes de l’ère pré-industrielle (avant 1850).

Définition scientifique du réchauffement climatique

De façon plus précise, lorsque l’on parle du réchauffement climatique, on parle de l’augmentation des températures liées à l’activité industrielle et notamment à l’effet de serre : on parle donc parfois du réchauffement climatique dit “d’origine anthropique” (d’origine humaine). Il s’agit donc d’une forme de réchauffement climatique dont les causes ne sont pas naturelles mais économiques et industrielles.

De nombreux scientifiques étudient ce phénomène et tentent de comprendre comment les activités des sociétés humaines provoque ce réchauffement. Ces scientifiques sont regroupés au sein du GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat), et ils publient régulièrement des rapports étudiant l’évolution du réchauffement climatique.

Réchauffement climatique : davantage de pandémies dans le futur ?

L’apparition du Covid 19 et sa propagation ont-elles été favorisées par le réchauffement climatique ? La question mérite d’être posée mais la réponse n’est pas encore évidente. Pour les épidémiologistes, la pandémie est bien trop récente pour établir un lien direct et un diagnostic sérieux.

En revanche, comme le révèle une déclaration rédigée par plusieurs scientifiques publiée dans Nature Reviews Microbiology, ce phénomène risque bien d’accentuer la dissémination des maladies infectieuses transmises notamment par les moustiques tels que la dengue, le chikungunya et la maladie à virus Zika dans les années à venir.

Les espèces fuient vers le nord

D’une part parce que le réchauffement global de la planète va accentuer la dissémination des maladies infectieuses, notamment la dengue et le chikungunya, qui sont dues au fait que des insectes des régions tropicales ou chaudes font une marche vers le nord, là ou les températures augmentent. Ces animaux amènent avec eux les maladies dont ils sont vecteur et ainsi, selon l’OMS, «deux milliards de personnes de plus pourraient être exposées au risque de transmission de la dengue d’ici les années 2080».

Dans le même esprit, le réchauffement a conduit de nombreuses espèces d'oiseaux, vecteurs de virus, à modifier leurs routes migratoires et faire des arrêts plus au nord. Ces derniers sont amenés à rencontrer des espèces différentes, pour éventuellement se reproduire et ensuite favoriser la création de nouvelles formes virales très pathogènes pour l'homme.

Feux de forêt et déforestations

Autre problématique : la multiplication des canicules entraînent des conditions climatiques sèches et extrêmement chaudes, entraînant la survenue de feux de forêts. D'ici 50 ans, la forêt amazonienne pourrait disparaître sous l'effet de sécheresses répétées mais aussi de coupes rases pour la production d'huile de palme, de biocarburants... Certaines espèces animales seront alors menacées, d’autres seront chassées de leurs habitats naturels, envahissant les zones peuplées, et pourraient devenir elles aussi vecteur de virus et responsables de pandémie.

En outre, le dérèglement climatique va aussi modifier nos manières de nous comporter: “Il est évident que le ­climat, en modifiant les compor­tements humains, influence les épidémies", relève François-Xavier Weill, de l’Institut Pasteur, à Paris au journal Le Monde. La sécheresse aura ainsi pour conséquence les déplacements de populations, qui se regrouperont dans des camps où la promiscuité démultipliera les risques.

La fonte du Pergélisol

Enfin dans les régions arctiques, le pergélisol, une couche géologique gelée en permanence, composée de glace et de matières organiques, a entrepris une fonte sous l’effet de la hausse des températures dans cette région du monde. D’après le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) sur les océans et la cryosphère, il pourrait perdre 70 % de sa surface d’ici 2100. La crainte actuelle est que ce phénomène pourrait libérer de puissants gaz à effet de serre, comme le méthane, et ainsi réveiller des bactéries et des virus inconnus ou oubliés.

Environnement : la planète respire, mais pour combien de temps ?

Le vilain coronavirus serait-il aussi, d'une certaine façon, une aubaine pour notre chère planète ? Pendant que le virus meurtrier s'étend dangereusement dans tous les pays et, par les mesures sanitaires qu'il impose, provoque un fort ralentissement de l'économie mondiale, le taux de pollution lui, a chuté dans certaines villes et régions, en Europe - et notamment en Italie-, comme sur d'autres continents, à cause de l'arrêt de l'activité industrielle et des transports aériens. Les chercheurs de l'université de Columbia, à New York, ont par exemple noté que le monoxyde de carbone émis par les voitures a baissé de 50% par rapport à l'année dernière. Et selon l'Agence Européenne de l'environnement, la concentration de dioxyde d'azote, produit principalement par les véhicules et les centrales thermiques, aurait également chuté à Madrid et Barcelone depuis que la population a été invitée à rester chez elle.

Il est aussi à peu près certain que ce confinement quasi-planétaire aura une répercussion sur le taux de CO2 mondial annuel comparé aux années précédentes. Mais pour combien de temps ? En effet, même si depuis fin janvier, les cartes provenant des satellites de la NASA et de l'Agence spatiale européenne, ont montré qu'en Chine, le confinement drastique demandé par les autorités a permis au pays de voir ses émissions de CO2 chuter de façon vertigineuse, Rob Jackson, scientifique à l'université de Stanford en Californie, note que nous aurions besoin d'un déclin de l'activité industrielle soutenu de plusieurs mois pour que la baisse de CO2 soit vraiment significative. Or depuis la mi-mars, la population chinoise reprend peu à peu le travail, les usines ré-ouvrent, l'économie reprend… Et la pollution de l'air augmente à nouveau.

En Europe, aujourd'hui épicentre de l'épidémie, même si les avions restent cloués au sol, il convient tout de même de noter que certaines compagnies aériennes ont demandé à retarder la politique de réduction des émissions de carbone pour se focaliser sur une reprise de l'économie et que le Premier ministre de la République tchèque, Andrej Babis, a quant à lui, demandé l'abandon de la loi visant le zéro émission carbone… Pourtant, une étude des universités italiennes de Bologne et Bari a démontré que la pollution de l'air semblait être un facteur majeur dans la propagation du virus et qu'il se serait répandu plus rapidement à cause des particules fines. Dans ce contexte, faut-il privilégier la vitalité économique au détriment de notre santé et celle de la planète ? Sommes-nous prêts à scier la branche sur laquelle nous sommes assis ou à apprendre de nos erreurs ? Seul l'avenir le dira.

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