Christophe Grébert

Le 21 avril 2002, le choc du 1er tour de l'élection présidentielle je décide à m'engager citoyennement. Inspiré par l'expression "Penser global, agir local", j'ouvre ce blog sur ma ville. En 2008, cela m'amène à me présenter à l'élection municipale avec un projet de rassemblement. Je suis depuis un élu de Puteaux, dans l'opposition. Mon objectif : construire une alternative avec tous les Putéoliens désirant défendre les valeurs de la démocratie et l'éthique en politique.

Interview avec Christophe Grébert
Cette interview a été réalisée par Melania Giordano
Photo éditée : ©Tired Earth France

1. En général, êtes-vous satisfait des actions du gouvernement contre le Coronavirus ? Ces actions sont-elles suffisantes ? 

Malgré les promesses d’un Etat protecteur en contrepartie desquelles nous acceptons de payer un niveau de taxation élevé et de nous soumettre à de nombreuses lois contraignantes, nous avons constaté que le gouvernement et les structures administratives du pays – je pense notamment à l’agence nationale de santé publique - n’étaient pas prêts à affronter une telle épidémie. On l’a cruellement constaté avec le scandale des stocks stratégiques de masques qui n’existaient pas.

Le centralisme français et sa technocratie ont failli. Ces hommes et ces femmes qui s’estiment légitimes pour nous diriger ont démontré leurs limites et surtout leur inadaptation au monde tel qu’il est : toujours plus ouvert, transparent, intelligent et collaboratif.

L’Etat ne peut pas tout faire et ne sait pas tout faire. Pour suppléer cette incapacité étatique, les solidarités se sont organisées au niveau régional et via des réseaux d’entraide associatifs ou spontanés, par exemple pour fabriquer et distribuer des masques ou pour soutenir les personnes isolées et fragiles durant le confinement.

2. Quelles sont les mesures les plus importantes que votre ville a prises pour aider vos concitoyens pendant cette pandémie ?

Les municipalités ont tenu un rôle très important pour affronter cette crise. A Puteaux, comme ailleurs, les réseaux de solidarité – les CCAS et les associations - ont pu répondre tout de suite aux besoins, pour distribuer des masques ou de la nourriture, pour prendre des mesures sanitaires et organiser les distanciations physiques.

On peut discuter certaines mesures prises par les élus locaux - par exemple à Puteaux, le maire a décidé un couvre-feu et la désinfection des rues et du mobilier urbain, 2 mesures qui se sont avérées ensuite inutiles, voire dangereuses - mais le plus souvent, leurs actions ont été de bon sens, rapides et efficaces.

Le gouvernement, après s’être imaginé devoir tout contrôler, s’est finalement de plus en plus reposé sur les collectivités territoriales – les régions et les communes – pour affronter cette crise. On le voit bien durant la nouvelle phase de déconfinement modulée selon les territoires.

Il y aura un avant et un après covid-19. Cette crise inédite démontre la nécessité de faire évoluer l’organisation de notre démocratie.

3. Pensez-vous que le virus covid-19 est une opportunité pour l'environnement de votre ville ou une menace ? 

Pendant les 2 mois de confinement, les habitants des villes ont pu constater qu’ils vivent dans un environnement pollué par le bruit et les gaz d’échappement des véhicules motorisés. D’un coup, nous nous sommes retrouvés « comme à la campagne ». Nous avons entendu le chant des oiseaux. Nous avons été surpris par le bleu du ciel. Nous avons mieux respiré !

Nous avons tous vécu, dans un test grandeur nature, ce que pourraient devenir nos villes si nous nous préoccupions un peu plus de notre environnement, de notre santé et de celle de nos enfants.

Même si les choses ne changeront pas du jour au lendemain – on voit avec le déconfinement que le trafic automobile reprend - cette expérience collective va nous marquer. Elle restera dans notre mémoire et nous permettra d’envisager plus facilement de changer nos habitudes. Des habitudes qui nous semblent confortables, mais qui sont en fait mauvaises pour nous.

On le voit par exemple à travers le développement de l’usage du vélo en ville. Posséder une automobile à Puteaux, est-ce vraiment utile ? Pour faire 2 ou 3 km, la marche ou le vélo, n’est-ce pas plus confortable ?

Je pense en tout cas que suite à cette crise, les questions environnementales ne pourront plus être considérées comme secondaires et être mises de côté. Elles sont devenues centrales pour plus de français. On peut donc espérer que cela pèsera sur les futures décisions publiques.

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