La Chine va taxer la pollution... mais pas le CO2

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a adopté dimanche 25 décembre une loi taxant les entreprises et les institutions polluantes. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2018, mais le dioxyde de carbone (CO2) - principal responsable du réchauffement climatique - échappera encore à la fiscalité.

La loi sur la taxe écologique fixe un prix de 1,2 yuan (0,16 euro) pour chaque unité d'émission polluante, par exemple 950 grammes de dioxyde de soufre, précise l'agence de presse officielle Chine nouvelle. La loi précise également un prix pour la pollution des eaux (1,4 yuan), ainsi que pour le bruit (entre 350 et 11.200 yuans par mois en fonction des décibels). Le prix des déchets solides est fixé entre 5 et 1.000 yuans par tonne. Mais le CO2 ne figure pas sur la liste des polluants concernés, dans ce pays où 60% de l'électricité provient des centrales à charbon.

Pour le militant écologiste, Wu Lihong, interrogé par RFI, cette mesure est importante, mais elle arrive trop tard : « Aujourd'hui en Chine, il n'y a pas une rivière qui est propre, pas une terre qui est saine », explique-t-il. « Et avec le froid qu'il a fait dans le nord du pays, l'air est très pollué... On a sacrifié la population pour que le pays se développe ».

LES SANCTIONS NON PRÉCISÉES DANS LA LOI

Cette nouvelle loi a été votée par le comité permanent du parlement chinois, quelques jours après une vague de pollution atmosphérique qui a mis une partie du nord de la Chine en alerte rouge pendant six jours. La pollution de l'atmosphère y a atteint des pics 40 fois supérieurs au seuil de l'Organisation mondiale de la santé.

"C'était probablement une loi qui était déjà en train d'être travaillée, mais ils ont accéléré le processus pour que les gens se sentent rassurés", explique à RFI le gérant d'une entreprise qui mesure la qualité de l'air en Chine, Stefan Berder. Il y a eu énormément de discussions sur les réseaux sociaux et à la télé sur la pollution de ces deux dernières semaines".

Les provinces pourront appliquer des taxes dix fois plus élevées, mais elles pourront aussi les abaisser si les émissions polluantes sont inférieures aux normes nationales, selon Chine nouvelle. La loi ne précise pas les sanctions infligées aux contrevenants.

L'agence de presse rappelle qu'une redevance sur la pollution, en vigueur depuis 1979, a rapporté 2,4 milliards d'euros l'an dernier. Mais certaines autorités locales ont mis à profit des failles juridiques pour exempter certaines grosses entreprises de cette redevance, a-t-elle souligné. La Chine a annoncé en septembre avoir ratifié l'accord de Paris sur le climat conclu en décembre 2015. L'accord, qui prévoit de limiter à moins de 2 degrés la hausse de la température par rapport au niveau pré-industriel, est entré en vigueur début novembre.

Source : boursorama.com

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