Le soutien aux énergies renouvelables coûtera plus cher que prévu, selon la dernière estimation de la Commission de régulation de l'énergie.
énergies renouvelables

Le gendarme français de l'énergie table sur une hausse de 12% des charges de service public de l'énergie en France.

La Commision de régulation de l'énergie a revu à la hausse le coût du soutien public aux énergies renouvelables. Cette nouvelle prévision tient notamment compte de la crise sanitaire qui a provoqué une baisse des prix de l'électricité sur les marchés de gros.

Une hausse liée à la crise sanitaire

Selon les dernières estimations de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), le développement des énergies renouvelables coûtera plus cher que prévu. Le gendarme de l'énergie évoque un surcoût de 1,1 milliard d'euros pour les finances publiques. Alors que le budget initial était estimé à 4,7 milliards, le régulateur estime que 5,81 milliards d'euros seront nécessaires pour soutenir les énergies renouvelables en 2020. Au total, les charges de service public de l'énergie doivent atteindre 8,851 milliards d'euros cette année, contre 7,929 milliards prévus initialement.

« Cela résulte majoritairement de la baisse importante des prix du marché par rapport aux prix attendus lors de l’évaluation de la prévision (- 18,5 €/MWh), en raison notamment de l’état d’urgence sanitaire », indique la Commission de régulation de l'énergie dans sa délibération. Durant le confinement, les éoliennes et autres panneaux solaires ont continué de fonctionner à plein régime tandis que les prix de l'électricité sur les marchés de gros ont fortement chuté. La météorologie favorable à l’éolien au premier trimestre 2020 a également amplifié cette tendance (+ 3 TWh de production par rapport à la prévision initiale).

Dans le même temps, une diminution importante de la consommation électrique a été constatée en France. En moyenne, une baisse de l'ordre de 15 à 20% a été observée durant le confinement.

La tendance devrait se confirmer en 2021 pour porter le coût public à 9,1 milliards, soit 12% de plus que le montant constaté des charges au titre de 2019. La CRE précise que 62% de ce montant sera consacré au soutien aux énergies renouvelables électriques dont 32% pour le photovoltaïque et 19% pour l'éolien en métropole continentale.

Les remarques et recommandations de la CRE

Face à la situation, le régulateur met en garde et fait part de ses recommandations. La CRE juge « nécessaire de faire des choix quant aux installations à soutenir en fonction notamment du coût de leur soutien » et s'en prend aux photovoltaïques. Elle évoque « le poids de la bulle photovoltaïque et l’importance qu’il y aurait à tenter de le réduire », rappelant que « les installations bénéficiant d’un dispositif de soutien antérieur au moratoire, dont le tarif d’achat moyen est de 510 €/MWh, représentent 73% des charges et 38% de l’énergie photovoltaïque soutenue au titre de 2019 ».

Elle rappelle également que « le petit photovoltaïque est encore soutenu à hauteur de 185 €/MWh, alors que les plus grands projets au sol le sont à moins de 60 €/MWh » . Enfin, l'autorité administrative indépendante estime que le soutien direct aux installations de moins de 9 kWc devrait ainsi être étudié "dans les plus brefs délais".

Commentaires (0)
12 + 5 =

Les meilleurs de Tired Earth dans votre boîte mail

Inscrivez-vous pour découvrir d'autres photos, histoires et offres spéciales de Tired Earth